Reverse mentoring : pourquoi révéler le digital

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Le reverse mentoring ou mentorat inversé est une notion qui émerge de plus en plus dans les entreprises et les conversations. Le principe de base consiste à placer un jeune salarié issu de la génération Y en position de mentor d’un dirigeant.

Il existe plusieurs formes de mentoring : quel est le but de cette nouvelle  relation? Cela s’arrête-t-il juste à apprendre à envoyer un tweet ou encore à utiliser un  profil Facebook ? Je vous garantie que non… Le reverse mentoring ne s'arrête même pas uniquement au digital !

 

Reverse mentoring : fait générationnel

Je fais parti de cette fameuse génération Y, plutôt du début, donc parmi les plus anciens. J’ai grandi dans un environnement où l’informatique et le numérique ont pris une place croissante au fil des années. Dès l’école primaire, sous l’impulsion d’un directeur certainement un peu avant-gardiste, j’ai eu la chance de côtoyer des ordinateurs aux disquettes… souples et même un petit macintosh ! Merci à vous Monsieur H. ! Puis la place s’est faite pour l’Amstrad et ensuite les PC à la maison. Mais ça, c’était il y a des siècles semble-t-il…

Aujourd’hui, dans les entreprises, les générations se mêlent et interagissent. Entre les babyboomers, la génération X et la génération Y, on observe un partage des savoirs et des responsabilités plus homogène qu’il y a quelques années. Ce phénomène va certainement s’amplifier dans les prochaines années avec la nouvelle génération qui va arriver.

Au-delà d’être des natifs du digital, capables d’utiliser des outils nouveaux, les plus avisés et talentueux des geek sont aussi animés de reflexes différents dans leur lecture du monde et des relations qui le façonnent.

 

Reverse mentoring : digitalisation en marche

Le propre des dirigeants d’une société, selon moi, est de déterminer la stratégie, fixer les règles de l’entreprise. D’un certain point de vue, ils détiennent le pouvoir et le devenir de l’entité. Leur talent est complet s’ils sont capables de lire intégralement l’environnement dans lequel ils se trouvent pour ajuster les orientations stratégiques de la firme. Un des enjeux aujourd’hui est de digitaliser l’entreprise ! Il faut acquérir ces nouvelles compétences digitales, monter en professionnalisme l’ensemble des collaborateurs, développer leur potentiel.

Le principe du reverse mentoring est donc de proposer à un dirigeant une relation mentor/mentoré orientée sur l’appropriation des enjeux digitaux dans leur ensemble. Internet a révolutionné les modes de communication, non seulement en les accélérant, mais aussi en diversifiant les données et informations accessibles. La digitalisation impacte les individus dans leurs comportements et leurs interactions avec leur environnement.

Le bouleversement opéré impacte globalement les codes sociaux et sociétaux. Le management, qui n’est que la couche tactique de la stratégie d’une entreprise, est impacté de plein fouet par la digitalisation « privée » et « pro » des membres des équipes. Dans ce contexte, les comportements individuels et les interactions entre les gens évoluent, sans que le phénomène soit étranger au monde du travail. La digitalisation renforce la nécessité d’ouverture sur l’autre.

 

Reverse mentoring : vecteur d’intégration

Il apparaît assez évident que le principe même du mentoring est d’être un vecteur d’intégration et de croissance. Dans le cas du reverse mentoring, cela s’amplifie encore !

Le mentorat inversé révèle un changement de paradigme fort : passer de la motivation des salariés par la recherche de l’excellence et la performance individuelle à la puissance du collectif. Les modes d’interactions possibles avec les outils digitaux permettent d’envisager de nouvelles façons de travailler, de communiquer, de hiérarchiser et conduire les projets, etc… Pour vous dire, je participe même à un projet digital à enjeu à la hiérarchie plate !

Le reverse mentoring répond aussi à une attente de la génération Y, qui se caractérise par un besoin de collaboration fort, de relever sans cesse de nouveaux défis et de bénéficier de responsabilisation accrue. La voie est ici toute trouvée pour s’intégrer dans le groupe. Mais il ne faut pas s’y tromper : le mentoring n’est pas là pour obtenir une promotion. Son but est d’établir une relation bienveillante, génératrice de valeur pour les participants, rien de plus.

Ce type de programme contribue même un peu à la marque employeur ! L’attractivité et la visibilité que se donne un groupe vis-à-vis de l’externe passe aussi par les réseaux sociaux et la perception du grand public, recruteurs, potentiels futurs embauchés, salariés eux-mêmes, etc... L’enjeu est donc énorme !

 

Reverse mentoring : on inverse vraiment ?

Finalement, le reverse mentoring est-il si révolutionnaire que cela ? Peut-être pas en fait ! Les savoirs circulent aujourd’hui dans tous les sens, très vite et en permanence. On constate des niveaux de qualité qui peuvent aller de très médiocre à vraiment excellent. Comme je l’écris dans l’article « Mentoring : la relation avant tout ! », le mentoring est source d’intérêt aussi pour le mentor : c’est une relation d’écoute et d’apports mutuels.

Le reverse mentoring est juste une extension du mentoring classique originel, que l’on aurait pu imaginer à tort unidirectionnel. « Il n’y a ni mentoring direct, ni mentoring inverse, mais mentoring tout court » - Du coaching au mentoring.

Le reverse mentoring permet donc principalement un focus sur les enjeux digitaux et leur meilleure appropriation par les dirigeants. Ces outils digitaux impactent les codes sociaux et les relations entre les individus. Je le constate chaque jour lors de recrutements, de situations managériales banales ou tout simplement en observant ce qui se passe autour de moi.

Faire en sorte que les dirigeants s’approprient ces enjeux et le potentiel détenu par le digital est essentiel. Ils l’ont bien compris ! Au-delà du digital en lui-même, la clé est la déclinaison dans les RH et l’appropriation par le management de ces nouveaux codes intergénérationnels et sociétaux. Finalement, le reverse mentoring crée du lien entre des personnes qui ne seraient pas amenés à se côtoyer en temps normal, ce qui est déjà une preuve de son intérêt pour le collectif !

Merci de me laisser vos commentaires sous l'article pour me dire ce que vous en pensez !

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